J’ai discuté au fil des ans avec de nombreux clients et conseillers de la meilleure façon de composer avec les hauts et les bas des placements. Ces conversations m’ont amenée à noter des principes de base concernant les placements que tous les investisseurs devraient garder à l’esprit, selon moi. Ces conseils sont particulièrement importants en période de volatilité des marchés, alors que les émotions peuvent l’emporter sur la prise de décisions rationnelles. Même si cette liste a évolué au fil du temps, je crois qu’il s’agit des dix principes les plus pertinents dans le contexte actuel.
1. La diversification est la meilleure stratégie de placement.
Peu importe ce qui se passe sur les marchés, je pense que ce principe sera toujours le premier de la liste. La diversification demeure l’un des meilleurs moyens de gérer la volatilité de votre portefeuille. Les catégories d’actif, les stratégies et les marchés fluctuent différemment avec le temps et le fait de les combiner dans un portefeuille bien diversifié permet d’obtenir des rendements uniformes. Vous pouvez ainsi mieux composer avec la volatilité des marchés et respecter votre plan de placement à long terme.
2. Ce qui est sûr à court terme peut être risqué à long terme.
De nombreux investisseurs cherchent à échapper au risque à court terme de baisses du marché en investissant dans des actifs plus prudents, ou en vendant leurs placements. Cette approche peut sembler plus sûre à court terme, surtout en périodes d’incertitude. Cependant, le fait de ne pas investir sur le marché ou de détenir une forte proportion de placements à faible risque et à faible rendement pourrait involontairement vous coûter cher. Cela réduit votre capacité à générer un rendement suffisant pour atteindre vos objectifs de placement. Il est donc important de garder le cap sur vos objectifs à long terme, plutôt que de trop mettre l’accent sur la menace de pertes à court terme. Nous avons examiné ce concept dans notre article Épargne-retraite : la sécurité à court terme peut être dangereuse à long terme.
3. Il faut investir à long terme et ne pas tenter de prédire l’évolution du marché.
J’ai notamment appris avec le temps qu’il est extrêmement difficile d’anticiper le marché avec succès. L’anticipation du marché requiert de savoir quand vendre ses placements et quand les racheter. Même si vous sortez du marché au bon moment, vous n’aurez probablement pas la même chance quand il s’agira d’y revenir, si vous le souhaitez. Même s’il est difficile de faire fi des replis du marché, en restant sur la touche, vous risquez de manquer la solide reprise qui s’ensuivra inévitablement. Le fait de manquer même quelques-uns des jours les plus exceptionnels sur le marché (qui se produisent généralement au début d’un nouveau cycle) peut avoir une incidence importante sur vos rendements globaux de placement.
Au cours des dix dernières années, un investisseur qui aurait manqué les dix meilleurs jours de bourse aurait obtenu un rendement moindre
D’après les rendements annualisés de l’indice composé S&P/TSX pendant la période de 10 ans terminée le 31 décembre 2025. Sources : Morningstar, RBC Gestion mondiale d’actifs.
4. Regardez où vont les marchés et non d’où ils viennent.
Dans chaque rapport sur le rendement, une note de bas de page standard indique que « les rendements antérieurs ne sont pas garants des résultats futurs ». Pourquoi prendriez-vous donc vos décisions de placement en fonction du comportement des marchés au cours des dernières semaines et des derniers mois, au lieu de vous concentrer sur leur potentiel ? La volatilité des marchés peut être source d’incertitude, et les replis peuvent être douloureux. Toutefois, il est important de se rappeler qu’une trop grande attention aux gains ou aux pertes passés peut vous détourner des occasions ou des risques qui se profilent à l’horizon.
5. Ce qui compte n’est pas l’évolution des marchés, mais vos réactions à celle-ci.
Savoir comment vos émotions peuvent influer sur vos décisions de placement en période de volatilité peut vous aider à éviter de modifier votre portefeuille à un moment inopportun (voir le point 3). Cependant, même les investisseurs professionnels n’y arrivent pas toujours. Il est essentiel de faire abstraction des turbulences à court terme sur les marchés, tout comme de respecter le solide plan financier que vous avez établi avec votre conseiller. C’est ce que vous faites – ou plutôt ce que vous ne faites pas – en ces temps de volatilité qui peut faire toute la différence.
6. On ne peut pas prédire l’avenir, mais on peut s’y préparer1.
Il est impossible de prédire ce qui dictera l’orientation des marchés à court terme, mais s’y préparer ne l’est pas. En établissant un plan bien structuré, vous saurez que les fluctuations quotidiennes du marché n’auront pas une incidence durable sur vos objectifs à long terme ou la stratégie de placement conçue pour les atteindre.
7. Prendre des risques fait partie de l’investissement. Apprenez à les gérer plutôt que de chercher à les éviter.
Tous les placements comportent un certain degré de risque. Si vous voulez obtenir un rendement plus élevé sur votre placement, vous devez être prêt à accepter un risque ou une volatilité accrus. Si votre tolérance au risque est faible, alors vous devrez renoncer à une partie des rendements. Comprendre cette relation est un élément fondamental des placements. Cela dit, la volatilité qui découle d’accepter un risque accru dans votre portefeuille tend à diminuer au fil du temps... surtout si vous investissez dans un portefeuille bien diversifié (voir le point 1).
La volatilité d’un portefeuille diversifié décroît avec le temps
Rendements annuels moyens sur des périodes mobiles de 1 an, 3 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans et 30 ans, du 1er janvier 1988 au 31 décembre 2025. À moins d’indication contraire, tous les rendements sont des rendements totaux en dollars canadiens. Portefeuille diversifié composé de 2 % en liquidités, de 38 % en titres à revenu fixe, de 15 % en actions canadiennes, de 25 % en actions américaines, de 15 % en actions internationales et de 5 % en actions de marchés émergents. Les liquidités sont représentées par l’indice des bons du Trésor à 30 jours FTSE Canada, les titres à revenu fixe, par l’indice des obligations universelles FTSE Canada, les actions canadiennes, par l’indice composé S&P/TSX, les actions américaines, par l’indice S&P 500, les actions internationales, par l’indice MSCI EAFE, et les actions des marchés émergents, par l’indice MSCI Emerging Markets. Nota : Il est impossible d’investir directement dans un indice. Sources : Bloomberg, RBC Gestion mondiale d’actifs.
8. Plus vous vérifiez le rendement de votre portefeuille, plus il vous semblera volatil.
Il n’a jamais été aussi facile d’obtenir des renseignements à jour sur l’état de votre portefeuille. Mais il faut aussi se rappeler que plus on le vérifie, plus il semble volatile. C’est parce qu’au quotidien, il y a autant de chances qu’il affiche un rendement positif que négatif. En consultant votre portefeuille chaque jour, vous pouvez penser que vos placements sont plus risqués qu’ils ne le sont réellement. Restez plutôt concentré sur vos objectifs de placement à long terme et examinez votre portefeuille moins souvent. Cela me rappelle une vieille publicité télévisée : « Just set it, and forget it » (on le règle, puis on l’oublie) !
La probabilité historique de rendement positif augmente avec le temps
Sources : Morningstar, RBC GMA. Portefeuille équilibré sélect RBC, série A. Les rendements sur un jour s’appliquent à la période du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2025. Les rendements sur les autres périodes sont établis d’après les données mensuelles allant du 1er janvier 1987 au 31 décembre 2025. Rendement annualisé du Portefeuille équilibré sélect RBC, série A, au 31 décembre 2025 ; 1 an : 11,6 %, 3 ans : 11,9 %, 5 ans : 6,2 %, 10 ans : 6,4 %. Date de création : 31 décembre 1986. Les rendements antérieurs ne sont pas garants des résultats futurs.
9. Votre objectif devrait être de produire un rendement supérieur au fil du temps, et non tout le temps.
Au fil du temps, le marché ne fait pas que progresser en ligne droite. Il connaît de nombreuses fluctuations, engendrées par une foule de facteurs différents. Certaines sont relativement peu marquées et sont absorbées rapidement ; d’autres afficheront une plus grande amplitude et peuvent prendre plus de temps à absorber pour les marchés. Il est important de se rappeler que les replis ont déjà eu lieu et se produiront à nouveau, mais qu’ils ne sont pas une raison de paniquer. Les marchés se sont toujours redressés et ont affiché une tendance à la hausse à long terme.
Les marchés ont toujours évolué à la hausse au fil du temps
Portefeuille équilibré sélect RBC – Croissance de 100 000 $
Sources : RBC GMA, Morningstar Direct. Les rendements sont ceux de la série A du 1er janvier 1987 au 31 décembre 2025. Au 31 décembre 2025, rendements annualisés sur 1 an = 11,6 %, 3 ans = 11,9 %, 5 ans = 6,2 %, 10 ans = 6,4 %. Date de création : 31 décembre 1986. Un marché baissier commence lorsque l’indice boursier clôture en baisse d’au moins 20 % par rapport à son précédent sommet. Une récession commence lorsque le PIB recule pendant deux trimestres d’affilée.
10. Un produit n’est pas un portefeuille, et un portefeuille n’est pas un plan.
En termes simples, un produit est un placement individuel, un portefeuille est un ensemble de placements, et un plan représente la stratégie globale adoptée pour atteindre vos objectifs financiers. Considérez un produit comme un outil unique dans votre boîte à outils de placement. Il peut s’agir d’une action, d’une obligation ou d’un fonds commun de placement. Bien que les produits soient essentiels pour investir, ils ne constituent qu’un élément du casse-tête et ne forment pas, à eux seuls, une stratégie de placement complète.
Un portefeuille est comme une boîte à outils bien organisée contenant une variété d’outils. En diversifiant vos placements, vous réduirez la probabilité que le rendement d’un seul produit ait une incidence démesurée sur votre situation financière globale.
Enfin, un plan de placement représente en quelque sorte le plan directeur pour bâtir votre avenir financier. Il tient compte de l’ensemble de votre situation financière, y compris de vos revenus, de vos dépenses et de vos objectifs à long terme. Un plan veille non seulement à ce que votre boîte à outils soit bien garnie, mais aussi à ce qu’elle soit utilisée de façon à vous aider à réaliser vos rêves financiers, qu’il s’agisse d’acheter une maison ou d’épargner pour l’avenir.
En fin de compte, les investisseurs ont besoin à la fois d’une boîte à outils bien garnie et d’un plan directeur détaillé pour bâtir un avenir financier prospère. Se fier à un seul produit, c’est un peu comme tenter de construire une maison avec un simple marteau : cela ne suffit pas pour atteindre vos objectifs financiers.
1. Howard Marks, cofondateur d’Oaktree Capital Management
Discutez avec votre conseiller de l’élaboration d’un portefeuille diversifié adapté à vos objectifs financiers.