Les banques américaines ont réalisé un premier trimestre exceptionnel : la croissance des bénéfices par action a dépassé les 20 %, surpassant l'estimation consensuelle de 15 %, les six grandes banques ayant toutes dépassé les attentes. Dans cette vidéo, Brendon Sattich, gestionnaire de portefeuille, actions nord-américaines, analyse les facteurs à l'origine de cette performance, explique pourquoi les vents contraires à court terme, tels que l'incertitude géopolitique, constituent davantage un moment de pause qu'une source d'inquiétude, et identifie où se trouvent les véritables opportunités à long terme.
(en anglais seulement)
Durée : 4 minutes, 22 secondes
Transcription
Brendon Sattich - Gestionnaire de portefeuille, Actions nord-américaines
Je vais commencer par résumer les résultats des banques américaines et avant toute chose, je dirais qu’ils sont plutôt bons. Au début du trimestre, les prévisions générales tablaient sur une croissance du bénéfice par action de 15 %. Or, la croissance a dépassé 20 % et les six grandes banques américaines ont toutes surpassé les attentes. Nous avons donc vu d’excellentes conditions de négociation.
Les titres à revenu fixe, les actions et les produits dérivés se sont tous très bien comportés dans le contexte de volatilité. Mais il est important de noter que certains des principaux indicateurs de rendement que j’examine, notamment la croissance des prêts, l’efficacité et les autres activités qui génèrent des revenus d’honoraires, sont assez solides dans l’ensemble. En résumé, je dirais que les résultats des banques américaines pour le premier trimestre ont été plutôt bons.
En ce qui concerne l’année prochaine, il y a quelques facteurs à prendre en compte relativement aux banques américaines. Premièrement, l’incertitude est très élevée en ce moment dans le monde. Incertitude géopolitique au Moyen-Orient, prix du pétrole élevés. Cela a pour effet de miner un peu la confiance des entreprises.
Par conséquent, les divisions de banque d’investissement des banques américaines observent un fort volume d’activité en attente, mais les sociétés ne mettent pas encore pleinement ces occasions en œuvre. Elles attendent d’avoir un peu plus de certitude et d’entrevoir une résolution. L’activité à court terme pourrait donc être légèrement inférieure aux moyennes à long terme.
Cela dit, il y a aussi quelques raisons d’être optimiste à court terme. Tout d’abord, je dirais que la qualité du crédit est assez bonne, malgré ce que clament les manchettes sur les titres de créance privés. La consommation va bon train et les sociétés se portent bien. Tout le monde paie ses factures. Le risque lié à la qualité du crédit des banques américaines semble bien mesuré et ne suscite pas trop d’inquiétude à l’heure actuelle.
L’autre chose que je voudrais souligner, c’est la croissance du crédit. Pensez aux prêts aux sociétés, aux petites et aux moyennes entreprises ; la situation commence à se redresser. C’est important parce que les banques américaines tirent aussi une grande partie de leurs revenus des prêts, et ceux-ci semblent suivre une trajectoire prometteuse. De plus, les taux d’intérêt se trouvent dans une zone idéale : les banques peuvent encore tirer une marge intéressante sur des taux d’intérêt élevés, mais les taux ne sont pas non plus prohibitifs au point d’entraîner une contraction de l’activité économique aux États-Unis et à l’étranger.
À court terme, les banques américaines se trouvent dans une position qui semble plutôt bonne.
À plus long terme, notre analyse de scénarios et nos considérations relatives aux valorisations entrent en jeu. Il y a quelques éléments que je prends en compte à cet égard. Premièrement, je pense qu’il y a de très bonnes raisons de penser que, dans l’ensemble, les rendements du capital devraient augmenter sensiblement dans le secteur au fil du temps.
Pourquoi ? Première raison, tout simplement, la composition des activités change. Les banques se réorientent vers des activités qui génèrent des revenus plus élevés, comme la gestion de patrimoine, les cartes de crédit, certains segments de la banque d’investissement, les paiements. Tous ces secteurs connaissent une forte croissance et produisent d’excellents rendements pour les sociétés. Deuxième raison, le capital.
Aux États-Unis, nous en savons maintenant beaucoup plus sur le type d’objectifs que visent les propositions sur le capital. Les banques peuvent donc affecter leur capital de façon plus judicieuse, avec plus de certitude. Je pense qu’au fil du temps, on les laissera effectuer plus de rachats, verser des dividendes plus élevés et gérer les fonds propres de façon plus rigoureuse en ce qui concerne la gestion de leurs activités.
Troisième raison, l’IA et la technologie. À notre avis, les banques ont là une excellente occasion d’accroître leur efficacité, de revoir leur effectif et leurs processus, de vraiment tirer le maximum de leurs ressources et, au fil du temps, d’augmenter nettement leur efficience. En résumé, lorsque nous réfléchissons aux scénarios à moyen terme, nous pensons qu’il y a de fortes chances que les rendements du capital soient beaucoup plus élevés à l’avenir qu’ils ne le sont actuellement pour l’ensemble du secteur.
Voilà pourquoi nous sommes satisfaits des valorisations actuelles du secteur.
Points clés
Les résultats des banques américaines au premier trimestre ont largement dépassé les attentes. La croissance des bénéfices par action a dépassé 20 % alors que le consensus tablait sur 15 %, et les six grandes banques américaines ont toutes dépassé les prévisions des analystes, portées par un environnement de négociation très favorable sur les titres à revenu fixe, les actions et les produits dérivés.
L'incertitude à court terme crée une pause, pas un problème. Les tensions géopolitiques et les prix élevés du pétrole pèsent sur la confiance des entreprises, ce qui freine l'activité de banque d'investissement à court terme. Cependant, la qualité du crédit reste solide : les consommateurs et les entreprises sont en bonne santé et honorent leurs obligations.
La croissance des prêts et les taux d'intérêt jouent en faveur des banques. La croissance des prêts aux petites et moyennes entreprises s’accélère, et les taux d’intérêt se situent à un niveau idéal, générant des écarts élevés pour les banques sans freiner l’activité économique globale.
La composition des activités s’oriente vers des domaines à plus haut rendement et à plus forte croissance. Les banques américaines se réorientent de plus en plus vers la gestion de patrimoine, les cartes de crédit, les paiements et certaines activités de banque d’investissement, un changement structurel qui favorise des rendements sur le capital plus élevés et plus durables à long terme.
Les arguments en faveur du secteur à long terme se renforcent. Une plus grande certitude quant à l'allocation du capital, le potentiel d'augmentation des rachats d'actions et des dividendes, ainsi que des gains d'efficacité significatifs grâce à l'IA et à la technologie, tout cela laisse présager une hausse significative des rendements du capital, ce qui justifie les valorisations actuelles du secteur.