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Par  Eric Lascelles 15 décembre 2020

Contenu de cet article :

Aperçu

Voici le dernier numéro de l’année du #MacroMémo. C’est le moment de faire le point sur l’année qui se termine et de donner un aperçu de 2021. Comme d’habitude, nous analysons aussi les données sur l’épidémie, les nouvelles concernant les vaccins et la conjoncture économique. Dans ce numéro, nous présentons de nouvelles prévisions économiques et soulignons les principaux risques baissiers. En outre, nous faisons part de nos dernières réflexions sur le Brexit et les mesures de relance budgétaire aux États-Unis.

Dans l’ensemble, les événements récents ont eu un effet plutôt neutre.

Faits positifs

  • La distribution de vaccins est désormais bien enclenchée dans une bonne partie des pays développés.
  • Nous avons mis à jour nos prévisions économiques pour 2021.
  • On note un regain d’espoir concernant une entente sur le Brexit et les mesures budgétaires aux États-Unis, mais le temps presse.

Faits négatifs

  • La dernière vague de l’épidémie continue de déferler sur une grande partie du monde.
  • L’économie américaine donne quelques signes de ralentissement.

Revue de 2020, aperçu de 2021

En général, l’année qui finit se résume rarement à un seul thème macroéconomique. Il faut généralement admettre qu’il y en a plusieurs, d’importance variable. De toute évidence, ce ne sera pas le cas pour l’année 2020. La pandémie mondiale a caractérisé l’année et pourrait définir la décennie. Bien entendu, nous ne pensons pas que la pandémie fera toujours rage en 2029. Par contre, il est peu probable qu’au cours des dix prochaines années, nous connaissions un autre choc de ce genre dont les effets dureront plusieurs années.

Du point de vue de l’économie, la pandémie a entraîné la pire récession depuis 90 ans, le recul le plus rapide de l’histoire moderne ainsi qu’une réaction sans précédent des gouvernements. En effet, ceux-ci ont pris des mesures inédites, notamment :

  • en imposant des restrictions à la population
  • en faisant fonctionner la planche à billets à plein régime et en empruntant des sommes colossales
  • en dépensant cet argent frénétiquement pour limiter les dommages causés par la COVID-19.

Tout ceci s’est produit au cours des quatre premiers mois de l’année. Par la suite, l’année a pris une tournure fascinante. On n’a jamais vu de reprise aussi fulgurante ; la production économique a rapidement repris environ 70 % du terrain perdu. La reprise a systématiquement dépassé les attentes.

Que nous réserve la prochaine année ?

Malheureusement, il est presque certain que la COVID-19 restera le thème dominant. Toutefois, ce devrait être dans le contexte d’une poursuite de la reprise, malgré un ralentissement probable au tout début de l’année à cause de la dernière vague d’infections.

Ce sera peut-être aussi l’année des vaccins. La manière dont la pandémie évoluera et la nature de la reprise économique dépendront étroitement du degré d’efficacité des vaccins et du rythme de leur distribution. Nous espérons que la situation pourra largement revenir à la normale au second semestre de 2021.

Enfin, la prochaine année devrait aussi nous offrir le luxe de parler à nouveau d’autres choses que de la pandémie, par exemple, des sujets suivants :

  • la transition politique aux États-Unis
  • l’économie britannique dans la foulée du Brexit
  • la situation géopolitique (en particulier des États-Unis, de la Chine et de l’Iran)
  • les forces structurelles sous-jacentes comme les changements démographiques.

Nombre de cas de COVID-19

À l’échelle mondiale, le nombre de cas de COVID-19 ne cesse de grimper ; plus de 650 000 nouveaux cas et 11 000 décès sont enregistrés chaque jour (voir le graphique suivant). Jamais de tels sommets n’avaient encore été atteints.

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 dans le monde

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 dans le monde

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Disparités en Europe

La pandémie a frappé fort en Europe au début de l’automne, mais la situation s’est considérablement améliorée au cours du dernier mois. À l’heure actuelle, toutefois, l’état des choses diffère d’un pays à l’autre. L’Italie et l’Espagne continuent de se remettre de leur deuxième vague (voir l’Espagne dans le graphique suivant).

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Espagne

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Espagne

Nota : Au 13 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Inversement, après s’être brièvement stabilisé, le constat se détériore à nouveau en Allemagne (voir le graphique suivant). Le pays a décidé d’imposer une autre série de mesures de distanciation sociale, dont la fermeture des écoles à partir de mercredi. Cela devrait freiner la hausse des cas dans les prochaines semaines.

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Allemagne

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Allemagne

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Enfin, la France se trouve en quelque sorte à mi-chemin. Elle a beaucoup amélioré son bilan par rapport au pire de la crise, mais celui-ci a désormais recommencé à se détériorer légèrement (voir le graphique suivant). C’est probablement parce qu’elle a levé certaines de ses restrictions il y a trois semaines. L’Hexagone avait l’intention de continuer à assouplir ses règles au cours des prochains mois, mais il semble maintenant qu’un changement de cap soit nécessaire.

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en France

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en France

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Par ailleurs, le Royaume-Uni a affiché une tendance semblable à celle de la France. Cependant, l’amélioration importante est maintenant minée par une trop grande réouverture (voir le graphique suivant). 

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Royaume-Uni

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Royaume-Uni

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

La situation à l’échelle européenne risque de se détériorer encore au cours des prochains mois. Un certain nombre de pays, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, ont annoncé un assouplissement momentané des restrictions relatives à la mobilité pour la période de Noël. Bien qu’il s’agisse d’un acte bienveillant, il semble inévitable qu’il entraîne une accélération temporaire de la transmission de la COVID-19.

Stabilisation provisoire au Canada

En théorie, le Canada aurait dû suivre une trajectoire de stabilisation ou même d’amélioration au cours du dernier mois, compte tenu du resserrement important des mesures dans toutes les provinces les plus touchées par la pandémie. Vaut mieux tard que jamais, même si jusqu’à présent, les progrès sont minimes et pourraient bien être renversés (voir le graphique suivant). À tout le moins, il est peu probable que l’embellie soit due à une erreur statistique, étant donné que trois des quatre provinces les plus touchées ont toutes signalé une nouvelle tendance à l’amélioration (Colombie-Britannique et Alberta) ou à la stabilisation (Ontario). Cela dit, la situation continue de se dégrader au Québec. En outre, l’Alberta a instauré une nouvelle série de règles plus contraignantes.

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Canada

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Canada

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Défis persistants aux États-Unis

Les États-Unis demeurent dans une situation difficile, avec environ 200 000 nouvelles infections et plus de 2 500 nouveaux décès chaque jour (voir le graphique suivant). Il est réconfortant de constater que le taux de détérioration semble ralentir et qu’un certain nombre d’États appliquent maintenant des règles beaucoup plus strictes. Pourtant, en ce qui concerne leurs règles de distanciation sociale, les États-Unis sont à la traîne par rapport aux autres pays, y compris comparativement au Canada, où la stabilisation n’est qu’embryonnaire. Le nombre de décès par jour a déjà atteint un record au cours de cette deuxième vague et la tendance en matière de létalité se rapproche du sommet du printemps.

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 aux États-Unis

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 aux États-Unis

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Pays développés d’Asie

La Corée du Sud et le Japon ont généralement été considérés comme des exemples en ce qui a trait à l’endiguement de la propagation de la COVID-19. Les deux pays sont toujours en excellente position par rapport au reste du monde développé, mais les choses s’y empirent.

En Corée du Sud, le nombre d’infections quotidiennes est plus élevé que jamais, ce qui a incité le pays à fermer les écoles (voir le graphique suivant).

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Corée du Sud

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 en Corée du Sud

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

De même, le Japon enregistre relativement peu d’infections, mais leur nombre augmente de façon considérable (voir le graphique suivant).

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Japon

Cas de COVID-19 et décès causés par la COVID-19 au Japon

Nota : Au 14 décembre 2020. Moyennes mobiles sur sept jours du nombre quotidien de nouveaux cas et de décès. Sources : CDC, Macrobond, RBC GMA.

Nouvelles au sujet des vaccins

Approbation des vaccins et début des campagnes de vaccination

Les candidats vaccins continuent d’être approuvés pour une utilisation d’urgence. Le vaccin de Pfizer est maintenant approuvé à cette fin aux États-Unis et au Canada. Celui de Moderna sera évalué par la Food and Drug Administration des États-Unis plus tard cette semaine.

Le Royaume-Uni a amorcé sa campagne de vaccination des citoyens la semaine dernière. Les États-Unis et le Canada feront de même cette semaine.

Efficacité

Le vaccin de la société chinoise Sinopharm aurait un taux d’efficacité de 86 %, selon les Émirats arabes unis. La Russie affirme quant à elle que son vaccin est efficace à 95 %. Ces chiffres sont plausibles dans la mesure où deux des trois vaccins occidentaux présentent également des taux d’efficacité extrêmement élevés. Toutefois, les vaccins chinois et russe n’ont pas encore été soumis à des tests aussi poussés.

Aspects négatifs

Démontrant que tout le monde ne pourra pas être vacciné, l’organisme de réglementation des médicaments du Royaume-Uni conseille maintenant aux personnes souffrant d’allergies graves de ne pas recevoir le vaccin de Pfizer, deux sujets ayant éprouvé des effets indésirables. Les essais cliniques initiaux ont révélé un nombre légèrement supérieur de réactions allergiques parmi les sujets ayant reçu le vaccin que dans le groupe placebo. D’autres vaccins seront, espérons-le, sans danger pour les personnes allergiques.

Par ailleurs, le candidat vaccin de Sanofi ne semble pas bien fonctionner chez les adultes plus âgés. Heureusement, plusieurs autres vaccins ont présenté des résultats encourageants auprès de ce groupe.

Le Pérou vient de mettre fin aux essais cliniques du vaccin contre la COVID-19 de Sinopharm, après qu’un volontaire eut expérimenté un effet indésirable. Bien que cela puisse s’avérer grave en fin de compte, d’autres candidats vaccins ont également connu des revers similaires sans pour autant que les efforts scientifiques n’échouent complètement.

Facteur temporel

Nous avons récemment indiqué que la plupart des habitants des pays développés devraient être vaccinés d’ici le deuxième ou le troisième trimestre de 2021.

Ainsi, dans le cadre du projet Good Judgment Open, on a posé la question suivante : quand 200 millions d’Américains (environ les deux tiers de la population) seront-ils vaccinés ? Les réponses les plus populaires sont relativement semblables : 45 % des répondants ont dit que ce serait fait au deuxième trimestre de 2021 et 48 %, au troisième trimestre. Il est peu probable que ce seuil critique soit atteint avant cette date, et presque aussi irréaliste que cela se produise à une date ultérieure.

De surcroît, Goldman Sachs a fait une prédiction similaire, mais légèrement plus optimiste, affirmant qu’environ 60 % des habitants des principaux pays développés seraient vaccinés d’ici mai 2021.

Le moment de la vaccination de masse est crucial, car c’est alors qu’on pourra procéder à la réouverture substantielle des économies et à une reprise des activités normales.

Distribution

La question de la distribution des vaccins n’en est pas seulement une de logistique, mais aussi d’éthique. Quels seront les groupes vaccinés en premier ? Comme nous l’avons vu la semaine dernière, la stratégie privilégiée par la plupart des pays est de vacciner les personnes les plus vulnérables en premier. Celles-ci comprennent notamment les gens très âgés ou infirmes, de même que ceux qui travaillent dans des milieux de soins de santé à risque élevé.

Il y a toutefois un deuxième aspect à prendre en considération. Dans la mesure où les vaccins sont achetés par les gouvernements des divers pays, mais que la vaccination en tant que telle est le plus souvent gérée au niveau régional, la question se pose également à savoir quelles régions d’un pays recevront les vaccins en premier. Les deux options les plus évidentes consistent à distribuer les doses équitablement en fonction de la population ou à les distribuer selon la gravité de l’épidémie de COVID-19 dans chaque région. La seconde est sans doute plus souhaitable du point de vue de la maximisation du nombre de vies sauvées, mais la première est moins controversée du point de vue politique. Le gouvernement du Canada semble d’ailleurs avoir opté pour celle-ci pour la distribution de ses vaccins.

La bonne approche à l’égard des tests de dépistage et de la recherche de contacts

Au printemps, il y a eu un débat animé à savoir si ce serait plutôt un vaccin ou des tests de dépistage et une recherche de contacts poussés qui permettraient de mettre fin à la pandémie. Si la vaccination semble maintenant sur le point de l’emporter, il vaut tout de même la peine de réfléchir à l’idée des tests de dépistage et de la recherche de contacts. Le principe était de trouver un moyen de faire passer des tests de dépistage de la COVID-19 à tout le monde, et ce, à une fréquence élevée, disons hebdomadairement ou même quotidiennement. De cette manière, les gens pourraient recommencer à vivre normalement, puisque le risque d’infection serait très faible.

Dans la pratique, les capacités de dépistage n’ont tout simplement jamais atteint ce niveau, et la recherche de contacts a perdu des plumes à mesure que le nombre de cas a crû dans de nombreux territoires. À vrai dire, on ne sait pas s’il aurait même été possible de développer les infrastructures de dépistage assez rapidement pour que l’option de dépistage et de recherche de contacts soit viable par rapport au délai de mise au point d’un vaccin. Peut-être cette option n’a-t-elle donc jamais été la meilleure.

Cependant, l’Université Cornell aux États-Unis nous offre un aperçu de ce dont la situation aurait pu avoir l’air dans un tel cas. Dans cette université, qui a mis sur pied son propre laboratoire qui traite une quantité remarquable de 50 000 tests hebdomadairement, tous les étudiants de premier cycle se font tester deux fois par semaine. Le coût de l’opération n’est pas négligeable : l’école consacre plus de 12 millions de dollars à cette campagne de dépistage. De plus, Cornell dispose d’un système pour isoler les personnes infectées, qui comprend notamment un hôtel de 150 chambres.

Bien que l’université soit loin d’avoir éradiqué le virus, elle n’a pas souffert d’éclosions aussi graves que celles subies par tant d’autres. Le nombre de cas sur le campus correspond environ à un sixième de celui prévu. Il est intéressant de réfléchir à ce qui aurait pu se passer si les décideurs avaient choisi une autre voie.

Évolution de la conjoncture économique

Au cours des derniers mois, nous avons constamment revu à la hausse nos prévisions de croissance pour 2021, de telle manière que nos prévisions sont maintenant égales ou supérieures aux prévisions générales, qui sont elles-mêmes en hausse. Dans l’ensemble, notre optimisme découle de la croissance économique très souvent supérieure depuis le printemps, de notre conviction que les vaccins changeront la donne et des attentes selon lesquelles la plupart des importantes mesures de relance du gouvernement resteront en place (ou, dans le cas des États-Unis, qu’une autre série de mesures soit mise en œuvre).

Pour 2021, nous prévoyons maintenant une croissance de 4,0 % du PIB aux États-Unis, une progression de 5,0 % au Canada, un gain de 5,6 % dans la zone euro et une croissance remarquable de 6,6 % au Royaume-Uni (voir le tableau).

tableau

Nota : RBC GMA par rapport à CE. Calculé en soustrayant les prévisions de Consensus Economics (CE) de celles de RBC GMA. Source : RBC GMA, au 14 décembre 2020.

Si nous paraissons particulièrement optimistes à l’égard du Royaume-Uni et de la zone euro, en fait, ce n’est pas le cas. Une meilleure mesure de l’optimisme relatif correspond au moment où les économies retrouveront selon nous leurs sommets antérieurs. Pour les États-Unis et le Canada, nous croyons maintenant que cela devrait se produire vers la fin du troisième trimestre de 2021. Le Royaume-Uni et la zone euro devront quant à eux patienter jusqu’au milieu de 2022, à notre avis. Ainsi, les impressionnantes données de croissance pour 2021 dans ces derniers pays sont davantage attribuables à l’ampleur de leur repli en 2020 qu’à toute vigueur de leurs données fondamentales.

Ces prévisions tiennent compte d’une baisse modérée du PIB du Royaume-Uni au quatrième trimestre et de l’Europe à la fin de 2020. Nous nous attendons également à un glissement moins important aux États-Unis et au Canada au début de l’année (quoique nous ne prévoyions pas de baisse nette d’un trimestre à l’autre).

Décélération aux États-Unis

La semaine dernière, nous avons examiné un déluge de données économiques qui laissent à croire que les économies américaine et canadienne ont poursuivi leur croissance en novembre, malgré le recul de la mobilité et l’intensification des restrictions. Il est toutefois juste d’affirmer que le taux de croissance économique décélère.

Du point de vue des États-Unis, la mise à jour de deux données en temps réel appuie cette affirmation. La première correspond au nombre d’heures travaillées par les travailleurs rémunérés à l’heure. Cette mesure affiche maintenant une baisse modérée après une petite anomalie enregistrée à l’occasion de l’Action de grâce (voir le graphique suivant).

Évolution en pourcentage du nombre d’heures travaillées des employés à salaire horaire aux États-Unis

Évolution en pourcentage du nombre d’heures travaillées des employés à salaire horaire aux États-Unis

Nota : Au 8 décembre 2020. Les répercussions reposent sur une comparaison du nombre d’heures travaillées en une journée par rapport à la médiane du jour de la semaine correspondant en janvier 2020. Utilisation d’une moyenne mobile sur sept jours. Sources : Homebase, RBC GMA

La seconde correspond à notre propre indicateur de l’activité économique en temps réel aux États-Unis, qui semble être en très légère perte de vitesse (voir le graphique suivant). Précisons que, dans un contexte où cette mesure demeurait stable, l’économie américaine affichait une croissance assez robuste. Par conséquent, le léger recul enregistré correspond probablement plutôt à une croissance lente qu’à une croissance nulle.

L’activité économique des États-Unis connaît une baisse de régime

L’activité économique des États-Unis connaît une baisse de régime

Nota : Au 5 décembre 2020. L’indice de l’activité économique est la moyenne de dix séries de données économiques à périodicité élevée mesurant la variation d’une année sur l’autre, en pourcentage. Sources : Bank of America, Goldman Sachs, OpenTable, Macrobond, RBC GMA

Le baromètre de la National Federation of Independent Business a lui aussi affiché une baisse en novembre, passant de 104,0 à 101,4. Il se situe toujours à un niveau sain, mais en baisse.

Récemment, l’événement économique le plus indésirable aux États-Unis est de loin la brusque augmentation du nombre d’inscriptions hebdomadaires au chômage, qui est passé de 716 000 à 853 000 (voir le graphique suivant), mettant ainsi fin à trois mois de progrès. Il s’agit d’une détérioration généralisée, 37 États sur 50 ayant signalé une augmentation des demandes. Une source de consolation réside dans le fait que ces données sont connues pour leurs variations considérables entre l’Action de grâce et Noël, compte tenu de la tendance irrégulière de l’embauche et de la mise à pied de travailleurs temporaires pendant cette période de pointe pour la vente au détail.

Nous nous abstiendrons de conclure à un repli de l’économie américaine en décembre avant de savoir ce que les prochaines semaines nous réservent. Il est à noter que notre scénario de base prévoit un léger recul de l’économie en décembre. Une telle évolution, quoique dommage, ne serait ni contraire aux attentes ni désastreuse.

Aux États-Unis, les inscriptions au chômage ont cessé de diminuer

Aux États-Unis, les inscriptions au chômage ont cessé de diminuer

Nota : Données pour la semaine se terminant le 5 décembre 2020. Les zones ombrées représentent des récessions. Sources : Département du Travail, Haver Analytics, RBC GMA

Évolution de la situation au Canada

L’indice des directeurs d’achats (PMI) Ivey du Canada est passé de 54,5 à 52,7 en novembre, mais continue de suivre la croissance économique illustrée par les indicateurs publiés au cours de la semaine précédente.

La dernière décision de la Banque du Canada en matière de taux n’a donné lieu à aucun changement important. Le taux du financement à un jour a été maintenu à son plancher théorique de 0,25 %. L’assouplissement quantitatif se poursuit, et on s’attend à ce que les mesures de soutien monétaire soient globalement maintenues à leur niveau actuel jusqu’à ce que les capacités excédentaires de l’économie aient disparu et que l’inflation soit revenue à la normale de manière durable, ce qui ne devrait pas se produire avant 2023. La banque centrale a affirmé que l’économie a évolué comme prévu, mais elle a mentionné que la plus récente vague de l’épidémie devrait freiner la croissance au premier trimestre de 2021, ce qui correspond à notre propre avis.

Événements en Europe

L’indice ZEW sur les attentes à l’égard de la zone euro s’est redressé de façon impressionnante en décembre, passant d’un creux de 32,8 à un médiocre 54,4. Il s’agit d’un développement intéressant, car il laisse entendre que l’économie de la zone euro pourrait renouer avec la croissance à la fin de l’année. Cela serait en effet logique étant donné que certains pays ont assoupli leurs règles de distanciation sociale, mais nous craignons qu’ils doivent les resserrer de nouveau sous peu. Par conséquent, nous n’osons pas conclure que l’économie de la zone euro a retrouvé un mode de croissance durable. Il faudra peut-être pour cela attendre encore au moins un mois.

La semaine dernière, la Banque centrale européenne a accru ses mesures de relance en s’engageant à prolonger son soutien jusqu’en 2022 et à fournir 500 milliards d’euros supplémentaires. Si les marchés ont été déçus par cette décision, c’est surtout parce qu’ils avaient commencé à bouillonner dans l’attente de la réunion.

Le point sur l’inflation

Il existe un certain risque de hausse de l’inflation, comme nous le verrons dans la section suivante, mais en réalité, celle-ci demeure maîtrisée aux États-Unis. L’inflation globale y a en effet progressé de 1,2 % d’une année sur l’autre, et l’inflation de base a augmenté de 1,6 % en novembre. Ces données sont inchangées par rapport au mois précédent. Jusqu’à maintenant, le choc de la demande domine les diverses forces inflationnistes qui existent en théorie.

Revue des risques et plus

Nous sommes entièrement à l’aise avec nos prévisions économiques de base, dont nous avons parlé plus tôt, mais il est toujours sage d’envisager d’autres scénarios. Les risques pesant sur notre scénario de référence ont légèrement diminué, et ce, pour trois raisons.

  1. Le virus n’est pas encore maîtrisé. La deuxième vague pourrait être plus difficile à surmonter en raison du froid hivernal, et il pourrait même y en avoir une troisième au printemps, comme ce fut le cas avec la grippe espagnole en 1918, ce qui pourrait se traduire par plusieurs périodes de déclin économique.
  1. L’optimisme à l’égard du vaccin est extrêmement élevé en ce moment. Il n’est pas totalement injustifié, mais un effet secondaire inattendu, une efficacité réelle inférieure aux attentes ou toute complication liée à la production, à la distribution ou à la volonté des gens de se faire vacciner pourrait retarder le retour à la normalité.
  1. Il existe un certain risque de hausse de l’inflation, soit la possibilité que l’augmentation des prix soit supérieure à nos prévisions. Cette éventualité n’est pas beaucoup plus probable que la possibilité que l’inflation soit inférieure à nos attentes, mais elle serait plus lourde de conséquences. Un faible taux d’inflation serait relativement bénin, tandis qu’une inflation élevée pourrait causer des problèmes, y compris une hausse des coûts d’emprunt.

Quoi qu’il en soit, il convient de noter qu’il est plutôt normal que la balance des risques penche vers la baisse. En règle générale, il est plus probable pour une économie en croissance de trébucher que d’être soudainement survoltée. Par ailleurs, certains de ces risques présentent des scénarios positifs, comme la possibilité que le virus recule de lui-même au cours des prochains mois ou que la distribution du vaccin se déroule à la perfection.

Le Brexit en bref

Il reste vraiment très peu de temps pour conclure un accord sur le Brexit, mais cela n’empêche aucunement un certain regain de l’optimisme. L’échéance du dimanche 13 décembre est derrière nous, mais les deux parties affirment qu’elles sont prêtes à déployer des efforts supplémentaires. Ce signe de bonne volonté porte à croire que le Royaume-Uni croit sincèrement qu’un accord est encore possible, qu’il soit ou non conclu en fin de compte. Il ne fait aucun doute qu’un point de vue économique, les deux parties tireraient parti d’un tel accord.

Plus tôt, le Royaume-Uni a supprimé un obstacle à un accord éventuel en éliminant une clause d’un projet de loi sur le marché intérieur qui aurait enfreint un accord antérieur avec l’Union européenne sur la nature de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Une bourse de paris établit actuellement à 57 % la probabilité d’un accord commercial avant la fin de l’année, ce qui représente une hausse par rapport au résultat de 40 % seulement enregistré la semaine dernière. Cette nouvelle donnée est conforme à notre point de vue selon lequel un accord est légèrement plus probable qu’improbable.

Le point sur la situation budgétaire des États-Unis

À l’instar du Brexit dont la date d’échéance a été reportée, la période prévue pour l’adoption de mesures de relance budgétaire et le financement du gouvernement a été prolongée aux États-Unis.

En principe, le Congrès avait jusqu’à la semaine dernière pour s’entendre à ce sujet, mais la Chambre des représentants a prolongé sa session jusqu’à la fin de cette semaine, et le Sénat a adopté un financement temporaire dans le but d’éviter une paralysie des services gouvernementaux avant le 18 décembre. La nouvelle date limite a donc été fixée à cette semaine. La même situation pourrait se répéter pour une deuxième semaine, mais on peut supposer que les politiciens n’auront pas particulièrement envie de légiférer pendant la semaine de Noël.

Les négociations se poursuivent péniblement. La proposition bipartisane de 908 milliards de dollars demeure la principale option, mais plusieurs différends perdurent, concernant notamment :

  • les garanties de responsabilité des entreprises (contre les poursuites éventuelles si un employé ou un client contracte la COVID-19) ;
  • le montant du soutien octroyé aux gouvernements locaux et d’État.

La Maison-Blanche est intervenue en proposant son propre plan de 916 milliards de dollars. Bien que les sommes en jeu soient très semblables, le contenu de cette nouvelle proposition diffère quelque peu. Par exemple, plutôt que de verser une somme additionnelle de 300 $ par semaine aux personnes qui touchent des prestations d’assurance-chômage, la Maison-Blanche propose un chèque ponctuel de 600 $ qui serait versé à chaque citoyen américain. Cette proposition ne semble toutefois pas susciter l’intérêt de l’un ou l’autre des partis.

Il est maintenant question d’un accord plus restreint, qui reporterait la négociation de certains des éléments les plus litigieux. Un tel accord est certes possible, bien que les analystes du projet Good Judgement Open établissent à 34 % seulement la probabilité qu’un accord soit conclu d’ici la fin de 2020. Nous sommes du même avis. Le financement du gouvernement devrait être assuré jusqu’au début de l’année prochaine, mais nous continuons de croire que l’adoption d’un plan budgétaire approprié sera plus probable une fois qu’un nouveau Congrès sera en place et qu’un nouveau président aura élu domicile à la Maison Blanche.

Nous vous souhaitons une saison des fêtes des plus réjouissantes et une année 2021 sous le signe de la santé, du bonheur et de la prospérité !

– Avec la contribution de Vivien Lee et de Kiki Oyerinde

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Déclarations

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