À la lumière des événements du dernier mois, Jeremy Richardson explique comment le débat actuel sur la politique commerciale et les droits de douane continue de générer de l’incertitude dans les marchés boursiers.
Trois scénarios pourraient se dégager à long terme en matière de politique commerciale.
La baisse de confiance des entreprises et des consommateurs témoigne de l’incertitude régnante au sein des entreprises.
Les sociétés très concurrentielles devraient mieux faire face à la volatilité des marchés et gagner des parts de marché.
Une gestion efficace de la chaîne d’approvisionnement, comme lors de la pandémie de COVID-19, est essentielle.
Durée : 4 minutes, 58 secondes
Transcription
Bonjour, je m’appelle Jeremy Richardson et je fais partie de l’équipe Actions mondiales RBC. Je vous présente aujourd’hui une nouvelle mise à jour.
Il s’est passé bien de choses dans les marchés boursiers au cours du mois dernier et, en tenant compte du débat actuel entourant les perspectives à long terme de la politique commerciale et des droits de douane, nous entrevoyons trois scénarios pour ce qui est de la finalité de ce débat.
Premier scénario : Les droits de douane pourraient être suffisamment bas et convenir à la plupart des entreprises et des consommateurs, et les tensions connexes pourraient ne pas provoquer trop de perturbations. Si ce scénario se matérialise, les affaires pourraient retrouver un rythme plus normal.
Deuxième scénario : Les États-Unis ciblent des industries particulières présentant un intérêt économique ou stratégique. Comme les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques. Les États-Unis pourraient par ce fait vouloir rapatrier la production de ces industries. Un tel scénario limiterait l’ampleur des perturbations ressenties dans d’autres secteurs.
Troisième scénario : C’est celui qui est probablement plus proche du scénario attendu après l’annonce faite le mois dernier depuis la roseraie de la Maison-Blanche, à savoir des droits de douane plus élevés applicables à un grand nombre de partenaires commerciaux, et en vigueur pendant très longtemps.
Comparativement à la situation qui prévalait il y a tout juste quelques semaines, l’accent était mis sur ce troisième scénario. Je pense que les gens élargissent à présent leurs perspectives et se demandent s’ils devraient envisager l’un ou l’autre des deux premiers scénarios comme issus possibles.
En effet, nous savons que les droits de douane initialement annoncés depuis la roseraie de la Maison-Blanche ont été reportés et que plusieurs pays se sont rendus à Washington pour négocier avec l’administration républicaine. Les investisseurs suivront donc très attentivement l’évolution de ces négociations pour pouvoir déterminer le scénario qui se matérialisera.
Cependant, il s’agit là d’une période où la visibilité des entreprises sera très réduite, étant donné l’incertitude liée aux éventuels résultats finaux. Les sociétés trouvent difficile de prendre de grandes décisions d’investissement et de faire des plans. Et cela se répercute non seulement sur la confiance des entreprises, mais aussi sur celle des consommateurs, comme l’indiquent des données d’enquête. Les perspectives générales des entreprises génèrent donc une certaine anxiété.
Nous attendons d’y voir plus clair en ce qui concerne les investisseurs, mais soulevons les points suivants. Premier point : Les entreprises qui présentent un avantage concurrentiel particulièrement solide seront mieux positionnées que celles qui n’en présentent pas. Elles peuvent difficilement prévoir l’évolution de leur marché. Mais celles qui auront la possibilité de prendre des parts de marché à des concurrents plus faibles pourront peut-être contrer une partie de cette volatilité.
Le deuxième point qui revêt une importance accrue, selon nous, concerne la gestion de la chaîne d’approvisionnement. À bien des égards, cette situation nous rappelle celle de 2021, en fin de pandémie. Les chaînes d’approvisionnement avaient été incroyablement perturbées, des conteneurs avaient été expédiés à de mauvais endroits et des rayons des supermarchés s’étaient vidés. Comme les droits de douane perturberont probablement les choses, les entreprises qui sont mieux placées pour gérer leurs chaînes d’approvisionnement devraient présenter un meilleur profil sur le plan de la concurrence.
Le scénario, quel qu’il soit, qui se matérialisera au chapitre des droits de douane, pourrait avoir un impact sur la dynamique concurrentielle au sein des industries mentionnées. Les droits de douane finiront-ils par changer le caractère compétitif et le fonctionnement des entreprises et des industries ?
Ils entraînent un changement progressif vers un nouveau type de régime. Ils représentent une discontinuité qui n’est pas tout à fait claire pour les investisseurs. C’est toutefois un aspect que nous commençons à envisager dans le cadre de notre travail.
J’espère que cette présentation vous a intéressés. Au plaisir de vous reparler bientôt.