L’extraordinaire croissance des bénéfices liés à l’IA propulse les marchés vers de nouveaux sommets, malgré une inflation tenace qui incite les banques centrales mondiales à durcir le ton. Nous ne maintenons qu’une légère surpondération des actions, car les valorisations sont élevées alors que l’attrait des obligations s’est amélioré.
L’élan économique est appuyé par l’essor des investissements dans l’IA
L’économie mondiale continue de croître à un rythme soutenu malgré une multitude d’obstacles. Les investissements et les gains de productivité liés à l’IA sont un important moteur de croissance. Les vastes sommes que les fournisseurs américains de services infonuagiques à très grande échelle investissent dans les centres de données et la technologie connexe continuent d’augmenter, contribuant à hauteur de 0,5 % à 0,75 % au taux de croissance du PIB du pays en 2026 (figure 4). Nos prévisions de croissance économique sont généralement supérieures aux prévisions générales pour 2027 et incluent une accélération de la croissance de la productivité fondée sur l’IA. Notre feuille de pointage du cycle économique indique que nous nous trouvons au milieu ou à la fin du cycle tandis que nos modèles de récession sont positifs, ce qui porte à croire que le risque d’une contraction au cours de la prochaine année est exceptionnellement faible.
Les tensions inflationnistes devraient en partie s’apaiser l’an prochain
L’inflation reste trop élevée, attisée par une série de chocs au cours des six dernières années : effets de la pandémie, distorsions de la reprise post-pandémie, droits de douane et, plus récemment, guerre avec l’Iran. Après tant de chocs, nous croyons que des cicatrices subsisteront sous la surface. En revanche, le niveau naturel de l’inflation dans les pays développés devrait rester légèrement supérieur à 2 %. Néanmoins, avec un IPC de plus de 3 % aux États-Unis, l’inflation a encore un peu de marge de manœuvre pour se replier en 2027. Nous pensons que les contraintes liées au pétrole s’estomperont et que le marché du logement demeurera une force désinflationniste.
Le dollar pourrait s’affaiblir en raison des préoccupations budgétaires
Nous avons une opinion défavorable à l’égard du dollar américain, au vu des déficits commerciaux et budgétaires insoutenables du pays, des préoccupations grandissantes entourant l’indépendance de la Réserve fédérale, et de la surévaluation de la devise. L’indépendance de la banque centrale est au cœur des préoccupations, après les efforts répétés de M. Trump pour congédier les membres du conseil d’administration cette année. Par conséquent, les investisseurs ont commencé à exiger des taux supérieurs en contrepartie des prêts consentis au gouvernement américain. La baisse du dollar américain devrait avoir un effet haussier sur la plupart des devises et créer des occasions particulières pour les taux de change des marchés émergents. Nous prévoyons que le dollar canadien se rapprochera de 1,30 $ CA dans 12 mois, compte tenu des améliorations constatées dans les secteurs des ménages et des entreprises.
L’ère de l’assouplissement monétaire fait place à une ère de resserrement
En ce qui concerne la politique monétaire, l’ère de l’assouplissement monétaire fait place à une ère de resserrement. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont déjà commencé à relever leurs taux, et les marchés s’attendent à ce que la Fed procède à une hausse cet automne. Il est logique que les pays développés resserrent leur politique monétaire, étant donné que l’inflation demeure élevée, que les taux de chômage sont bas et que les perspectives de croissance économique sont raisonnables. Il est manifeste que la Réserve fédérale américaine a durci le ton dans ses propos, et ce type de communication précède généralement une hausse des taux. Le nouveau président de la Fed, M. Warsh, s’est récemment montré insatisfait de l’inflation élevée.
La hausse des taux obligataires rend les obligations plus attrayantes, en dépit des risques
Au cours du trimestre, le taux des obligations du Trésor américain à dix ans a augmenté à 4,75 %, contre 4,44 % à la fin de mai, tandis que le taux des obligations à 30 ans s’est hissé à 5,24 %, son plus haut niveau depuis 2007. Compte tenu de ces niveaux, il nous semble peu probable que les taux obligataires continuent d’augmenter de façon significative. Nous pensons aussi que les obligations d’État offrent un meilleur potentiel de rendement, avec un risque d’évaluation réduit, d’autant plus que les coupons des obligations jouent un rôle accru dans les prévisions de rendement total. Les taux sont nettement supérieurs au point d’équilibre estimé par nos modèles dans toutes les grandes régions, ce qui laisse entrevoir un contexte attrayant pour les investisseurs en titres à revenu fixe si l’inflation ralentit en 2027 comme nous le prévoyons. Nous prévoyons que les obligations d’État généreront des rendements avoisinant 5 % et que les obligations de sociétés produiront des rendements légèrement supérieurs, avec des écarts de crédit proches de leurs creux historiques.
Les valorisations boursières sont élevées, mais les bénéfices sont exceptionnels
Au 31 août 2026, notre indicateur composite des marchés boursiers mondiaux se situait à environ 14 % au-dessus de la juste valeur. Les valorisations élevées limitent le potentiel de rendement et la possibilité de voir de nouvelles hausses exorbitantes, surtout dans un contexte de taux d’intérêt à la hausse. Étant donné que les valorisations ne seront plus une source de hausse fiable, la croissance des bénéfices deviendra essentielle à la progression des actions. Au début de l’année, les analystes tablaient sur une croissance des bénéfices d’environ 15 % pour l’indice S&P 500 en 2026. Ce chiffre a depuis fait l’objet d’une spectaculaire révision à la hausse le portant à 34 %. Ce qui rend cette vigueur particulièrement remarquable est qu’elle survient en milieu de cycle, et non dans le cadre d’une reprise consécutive à une récession. L’amélioration des marges a été appréciable, et c’est un paramètre à surveiller de près pour avoir une idée de la durabilité. Nous attendons une hausse des actions comprise entre 5 % et 9 %, la plupart des bénéfices prévus ayant été réalisés.
Composition de l’actif : maintien d’une légère surpondération en actions et sous-pondération des liquidités et des titres à revenu fixe dans des proportions égales
Compte tenu de la conjoncture macroéconomique assez favorable et des taux obligataires élevés, nous maintenons une légère surpondération des actions et – après avoir pesé les nombreux avantages et inconvénients associés au marché américain – nous maintenons une surpondération régionale des actions américaines, avec des surpondérations similaires au Canada et en Asie. Cette opinion est confortée par la solidité des perspectives de bénéfices, le risque de récession exceptionnellement bas et l’expansion économique qui semble avoir encore de beaux jours devant elle. Cependant, nous gardons à l’esprit que la fourchette des résultats, tant à la hausse qu’à la baisse, est plus large que d’habitude. Nos recommandations actuelles de répartition de l’actif d’un portefeuille équilibré mondial sont les suivantes : 61,0 % en actions (pondération stratégique « neutre » de 60,0 %), 37,5 % en obligations (pondération stratégique « neutre » de 38,0 %) et 1,5 % en liquidités.
Composition de l’actifs recommandée
Comité des stratégies de placement RBC GMA
Nota : Au 1er septembre 2026. Source : RBC GMA